Généalogistes Associés

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Coureur des Bois

Bonjour à tous

Profession : coureur des bois
Sans eux, il n'y aurait pas eu de pays

Ils s'appellent Étienne Brûlé, Nicolas Marsolet, Guillaume Couture, Grenolle, Pierre-Esprit Radisson, et des dizaines d'autres. Ils ont inventé un métier typiquement canadien-français : coureur des bois. Ils sont en Nouvelle-France pour s'enrichir avec la traite des fourrures. Ils sont aussi ici pour vivre une vie d'hommes libres. Ils parlent les langues autochtones. Ils vivent à l'indienne. Ils vivent avec des Indiennes. Ils ont laissé derrière eux plein de petits métis qui sont aussi nos ancêtres. Ils méritent mieux que la place folklorique qu'on leur a réservée.

Les Américains ont construit un mythe autour de leurs cow-boys, chasseurs de bisons et massacreurs d'Indiens. Notre histoire officielle a marginalisé le coureur des bois au profit des gouverneurs à perruque poudrée. Pourtant, sans eux, il n'y aurait pas eu de pays. Et la grande aventure française en Amérique n'aurait pas été aussi palpitante.



En juin 1611, Champlain voit arriver, à Québec, un drôle de pistolet. Il en est tout ébaroui. Il reconnaît à peine le jeune Étienne Brûlé qu'il appelle «mon garçon» et qu'il a envoyé un an plus tôt, à sa demande, vivre chez les Algonquins de la vallée de la rivière Outaouais (Ottawa) pour, éventuellement, servir d'interprète ou, comme on disait à l'époque, de «truchement» .

Étienne Brûlé n'a plus de français que le nom. Champlain le trouve magnifique dans ses habits de peaux. Les Indiens le traitent comme un des leurs. Il est devenu un Indien. Personne n'aurait pu imaginer que, 22 ans plus tard, ses amis hurons l'assassineraient et le mangeraient après l'avoir fait grillé comme un quartier d'orignal.

Au milieu du XVIIe siècle, le métier de coureur des bois attire irrésistiblement les colons de la Nouvelle-France. C'est la façon la plus rapide de s'enrichir. Et puis, les sauvagesses ne sont pas farouches. Cela a son importance dans une colonie qui compte 50 mâles pour une femelle.

Ils sont fils de colons, militaires ou hommes sans métiers. Ils se recrutent aussi parfois chez les fils de seigneurs. Ils sont si nombreux à abandonner le travail de la terre pour la course des bois que le gouverneur doit intervenir.

Le 13 avril 1652, M. de Lauson défend à quiconque de chasser hors de sa propre concession sans la permission du gouverneur. Deux ans plus tard, une nouvelle ordonnance impose, sous peine d'amende, l'obtention d'un «congé» avant de partir en forêt.

Bientôt, des règlements très sévères tenteront d'interdire la vente de boissons enivrantes aux Sauvages. Les peines peuvent aller jusqu'à la saisie de tous les biens, le bannissement ou le fouet.

Avec quelques bouteilles d'eau-de-vie, que les indigènes appellent l'eau-de-feu, un trafiquant sans foi ni loi peut se sauver avec toute la saison de chasse d'un Indien. Les Sauvages ne portent pas l'alcool.

L'eau-de-vie est la monnaie d'échange la plus rentable pour se procurer des fourrures. Elle n'est pas la seule. Durant les années 1660, le lieutenant-général Prouville de Tracy fixe, pour la première fois, le prix de la traite avec les Indiens. Une couverture blanche de Normandie vaut six peaux de castor ; un grand capot : trois castors ; deux haches : un castor ; une barrique de blé d'Inde : six castors.

La vie de coureur des bois a donné un type d'homme qu'on ne retrouve nulle part ailleurs : il s'agit d'une sorte de mélange réussi entre Français et Amérindiens, entre Blancs et Peaux-Rouges.

L'un d'entre eux, Étienne Brûlé, a laissé des traces sensibles dans l'histoire agitée de la Nouvelle-France. Il est tout, sauf un saint. Mais il ne manque pas de courage.

Radisson peut être aussi vu comme un explorateur et un commerçant. Il est l'un des pionniers de la Hudson's Bay Company. Brûlé, lui, ne revendique pas un autre titre de gloire que celui de coureur des bois.

Un parisien chez les sauvages

Parisien de naissance, Étienne Brûlé n'a pas 20 ans quand il supplie Champlain de le laisser aller vivre chez les Sauvages. Le fondateur de Québec veut former des interprètes. Il confie le jeune audacieux au chef Iroquet et reçoit en échange un Huron du même âge, nommé Savignon, qui l'accompagnera par la suite en France.

Après les retrouvailles de l'été 1611, Champlain espère pouvoir garder Brûlé près de lui comme interprète. C'est mal connaître notre homme. Le coureur des bois veut garder sa liberté de mouvement. L'appel de la forêt est le plus fort. Il disparaît durant quatre ans. Il s'installe en Huronnie. Plus tard, il établira sa résidence principale à Toanché, village huron de la tribu de l'Ours, dans le bout de Sault-Sainte-Marie.

Étienne Brûlé revoit Champlain en 1615. Celui-ci prépare sa troisième campagne contre les Iroquois. En compagnie d'alliés hurons, il se dirige vers le village ennemi des Onontagués, situé près de l'actuelle ville de Syracuse, N.Y.

Champlain veut convaincre les Andastes, alliés des Hurons, de participer à la grande bataille projetée. Les Andastes habitent au sud du territoire des Cinq-Nations iroquoises, dans le comté actuel de Tioga, N.Y., entre Elmira et Binghamton.

Pour rejoindre les Andastes, il faut traverser le territoire iroquois. Champlain désigne 12 des meilleurs guerriers hurons pour cette mission stratégique et dangereuse. Brûlé se joint à la petite troupe.

On sait que la troisième campagne de Champlain contre les Iroquois est un échec cuisant. Brûlé réussit à lever une armée andaste, mais elle arrive deux jours en retard au lieu de rendez-vous. La bataille a déjà eu lieu. Champlain a été blessé de deux flèches à une jambe dont l'une dans le genou. Il retraite en catastrophe avec les Hurons.

Paradoxalement, c'est au cours de ce voyage raté pour Champlain qu'Étienne Brûlé réalise ses exploits les plus impressionnants. Il était déjà le premier Blanc à pénétrer en Huronnie. Il sera le premier Européen à atteindre la Pennsylvanie et les Grands Lacs.

Après la campagne avortée chez les Iroquois, le coureur des bois demeure chez les Andastes et explore le territoire à sa guise.

Premier blanc torturé

Le problème avec lui, c'est qu'il ne laisse aucune description écrite ni de ses découvertes ni de son existence chez les Indiens. C'est à partir des oeuvres de Champlain, du récollet Sagard et du jésuite Brébeuf qu'on pourra recoller les morceaux du puzzle.

Brûlé sera aussi le premier Européen à subir la torture aux mains des Iroquois. De retour du pays des Andastes, il est capturé par les Tsonnontouans. La version des faits racontée plus tard, oralement, par Brûlé lui-même est hautement fantaisiste.


Les Iroquois ont déjà commencé à lui arracher les ongles avec les dents et à lui découper des lanières de peau dans le dos, quand notre Étienne a une idée qui lui sauvera la vie. Un orage violent se prépare. Le supplicié parle suffisamment la langue des tortionnaires pour les convaincre que la colère du ciel est une intervention divine en sa faveur. Tant et si bien qu'ils le détachent et l'invitent à partager leur festin. Le plat principal est devenu l'invité d'honneur.

Les historiens sont plus rationnels. Les Tsonnontouans veulent la paix et veulent commercer avec les Blancs. Ils relâchent Brûlé sur la promesse «de les mettre d'accord avec les Français et leurs alliés» .

Coureur d'indiennes

Les premiers missionnaires sont partagés entre l'admiration et la détestation au sujet de Brûlé. Ils admirent son courage et son don des langues autochtones. Ils ne peuvent admettre cependant sa façon de vivre comme un Sauvage.

Étienne Brûlé aide Sagard à rédiger son dictionnaire de la langue huronne. Par contre ses relations avec Brébeuf sont mauvaises. Les coureurs des bois, qui doivent avoir leur raison, refusent d'aider le jésuite.

Quant à Champlain, la liberté de moeurs et l'indépendance d'esprit du jeune interprète, qui ira jusqu'à la trahison, le peinent et le choquent profondément. Il écrira au sujet de Brûlé: «L'on reconnaissait cet homme pour être fort vicieux, et adonné aux femmes (lire aux jeunes Indiennes)...»

Le frère Sagard lui reproche de ne pas connaître ses prières chrétiennes, lui un Français baptisé. Il écrit: «S'étant trouvé en grand danger de mort, Brûlé, pour toute prière, ne sut réciter que le Benedicite».

Champlain a d'autres raisons plus sérieuses de lui garder rancune. Il lui reproche de travailler au profit des marchands de fourrures plutôt qu'à la colonisation du territoire. Brûlé reçoit un salaire annuel de 100 pistoles pour encourager les Indiens à venir trafiquer au comptoir de Québec.

La grande tache sur le dossier d'Étienne Brûlé aura été de se mettre au service des corsaires anglais, les frères Kirke, lors de la prise de Québec, en 1629. Champlain l'accuse officiellement de trahison. Il fuit cacher sa honte en Huronnie. On ne le reverra plus vivant.

Le festin macabre

Lorsque Brébeuf retourne à Toanché, en 1633, il trouve le village déserté et la cabane de Brûlé détruite. Il apprend que la tribu de l'Ours s'est divisée après un événement grave. Les Hurons ont tué le coureur des bois et ils ont mangé son corps au cours d'un festin macabre. Depuis, une étrange malédiction a frappé la tribu sous la forme d'épidémies mortelles. Les Ours se sentent poursuivis par l'esprit vengeur du mort.

L'historienne Olga Jurgens écrit dans le dictionnaire biographique du Canada: «Il (Brûlé) constitue un exemple frappant de la fascination qu'exerçait la vie libre des Indiens sur la jeunesse française au premier siècle de la colonie» .

Source : Louis-Guy Lemieux
Le Soleil

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