Généalogistes Associés

Bonjour à tous

Morts Violentes - 5

de Léonard Bouchard, écrivain et historien.


Laliberté, tué par les Iroquois pour avoir refusé le concubinage

D'après la Relation de 1662, au chapître Vl, le père Le Moyne aurait réussi à délivrer dix-sept des dix-huit captifs français. Or, seul un Laliberté ne fut pas libéré. "...ll fut pris aux Trois-Rivières l'an passé 1661, et fut donné à des maistres qui le conserverent en vie, et mesme eurent tent de bonne volonté pour lui, qu'ils lui chercherent parti, et songèrent à le marier à la façon Iroquoise, c'est-à-dire l'engager dans un concubinage perpétuel : lui, qui en avoit horreur, refuse d'abord; on le sollicite, on le flatte, on le presse, on le menace, on le veut contraindre; il est constant dans son refus, il a recours à Dieu[..]ses maistres[...] se résolurent de lui donner tout net le choix de la mort ou d'une femme; mais ils n'esbranlerent pas ce coeur généreux avec toutes leurs menaces, de sorte qu'ils s'en défirent [...]. Ils lui déchargerent... un coup de hache sur la teste. C'est ainsi que siéteignit le jeune Français captif des Iroquois.

RJ (Laverdière), 1662: 13-14.


Lammiot (Amiot), mort poignardé à la Baie Verte.

Voici la traduction de l'histoire de Lammiot écrite en anglais et contenue dans Wisc, Hist, Colls:

Vers cette époque, (aux environs de 1755) un forgeron du nom de Lammiot (Amiot) vint de France et s'établit à la Baie Verte pour y exercer son métier. Un Indien nommé Ish-Qua-Ke-Ta lui apporta une hache à réparer. Plus tard cet Indien vient réclamer son outil, et en paiement du travail, déposa trois peaux de fourrure. Lammiot (Amiot) dont la mémoire faisait souvent défaut, et qui de plus n'était pas trop honnête, dit à l'Indien que cette hache n'était pas sienne, qu'il ne l'avait même jamais eue et lui ordonna de se retirer. Il s'en suivit de gros mots, et Lammiot saisit l'Indien à la gorge avec ses pincettes qu'il retire du feu, l'étouffant et le brûlant assez grièvement. Ish-Qua-Ke-Ta, pour se défendre lui asséna un coup de hache sur la tête, Amiot tomba inconscient. L'Indien alla raconter son histoire à Charles Langlade, et admit en toute franchise: "J'ai tué le forgeron." - "Pourquoi as-tu fait cela ? lui demanda de Langlade." "Pourquoi, répondit l'Indien, ne vois-tu pas qu'il m'a étouffé et brûlé, j'ai dû le tuer en légitime défense." Langlade se rendit chez le forgeron, le fit transporter dans son lit, et fit venir une sauvagesse pour en prendre soin. Pendant la convalescence de Lammiot, le frère aîné Te-Pa-Ke-Ne-Tee se présenta et demanda à voir le forgeron, afin d'avoir de ses nouvelles. Il entra dans la chambre, marcha droit au lit, et poignarda Lammiot à mort. La sauvagesse lui demanda la raison de ce meurtre, et celui-ci de répondre qu'il plaignait le forgeron, et qu'il voulait mettre fin à ses souffrances. Le meurtrier s'enfuit dans une région lointaine et ne revint que quand le calme se rétablit. Il put se sauver d'une punition certaine que méritait un tel crime. Te-Pa-Ke-Ne-Nee fut plus tard tué par un autre Indien dans une querelle, et son assaillant fut aussi mortellement blessé d'un coup de couteau.

Wisc. Hist. Colls, Vol. III, pp 202-203.


Lefebvre, Pierre, trouvé pendu dans sa grange à Beauport

En 1687, Pierre Lefebvre, habitant du bourg de Fargy, seigneurie de Beauport, fut trouvé pendu dans sa grange. Il s'était suicidé. Or la loi française sévissait contre quiconque même mort s'était rendu coupable de suicide.

Le 26 septembre de la même année, le sénéchal de Beauport rendait la sentence suivante: "Que le corps mort du dit Lefebvre sera par l'exécuteur de la haute justice, tiré du lieu où il a été mis en terre, qu'il sera traîné sur une claie d'un bout à l'autre du bourg de Fargy par deux fois et ensuite pendu par les pieds à une potence qui sera à cet effet dressée devant sa grange pour y demeurer le temps de quatre hivers et ensuite traîné à la voirie." De plus, la sentence spécifiait que tous les biens de Lefebvre devaient être confisqués au profit du seigneur.

Le 20 octobre 1687, le Conseil Souverain rendant nulle la sentence du sénéchal de Beauport, ordonnait de mettre la veuve de Lefebvre en possession de ses biens et il l'autorisait à faire exhumer le corps de son mari pour l'enterrer dans le cimetière bénit. Marie Châtaigner (Châtigny) rentra dans ses biens cinq ans plus tard.                                     
Eléments de généalogie.
Pierre Lefebvre avait épousé le 17 août 1656 à Québec Marie Châtigny, dont trois enfants contractèrent alliance :
Jean-Baptiste,     Marie Crête, Québec
Marie,                  Jean Clouet, Québec
Pierre,                  Françoise Boissel, Québec
Michèle,              Jean Crête, Québec

JDCS, 111: 183-192. - BRH, Vl: 312; Xll: 348-349. Raymond Boyer, Les crimes et les châtiments... loc., cit.


Marianne, a été pendue à Québec.

Marianne, une esclave au service d'Alexandre Dagneau-Douville, officier de milice à Montréal, fut un jour surprise à voler la nuit chez son maître. Traduite devant la cour, le tribunal la condamna à la potence, le 20 septembre 1756, et à être pendue précisément devant la maison de ce Dagneau-Douville.

L'accusée tenta de persuader la cour que son état de grossesse devrait la protéger contre la peine capitale. A la demande de la cour, le chirurgien en chef de l'Hôtel-Dieu de Québec, examine et diagnostiqua que la Montagnaise "n'était pas grosse".                   
La feinte n'avait pas atteint son objectif et Marianne fut mise à mort au gibet le 20 novembre 1756, à trois heures de l'après-midi, à Québec.

IJDCS, Il: 202s. - Marcel Trudel, L'esclavage au Canada français: 219. - R. Boyer, Les Crimes et les Châtiments au Canada français au XVII au XXe siècle.


Marie, esclave indienne exécutée à Québec

Marie était une esclave indienne née à une date inconnue. Elle appartenait à Joseph-Claude Boucher de Niverville de Trois-Rivières. Le 10 août 1759, la maîtresse de maison, épouse de Boucher, et sa mère Marguerite Chastelain, intimèrent à l'esclave des ordres à propos du service ménager juste au moment où l'Indienne aiguisait un couteau à boucherie.
Aigrie, harassée par les exigences et les tracasseries incessantes de ses deux maîtresses, l'esclave, précipitamment se rue sur ses matrones et les frappa du couteau qu'elle tenait à la main.
Marguerite Chastelain reçut un coup au haut de la poitrine et un autre à l'épaule gauche. Vous voyez la scène ! Comme naturellement les cris débordèrent de la maison, une alerte générale se déclencha et fit accourir sur les lieux du drame les voisins.                                      
L'esclave, prise de panique, monta au grenier de la maison et alla se pendre à une poutre.
Le lieutenant du roi, Nicolas-Joseph de Noyelles de Fleuront, accourut sur les lieux avec son escorte de soldats. Il monta vitement au grenier et ordonna à Théodore Panneton de couper la corde.
La chirurgien Alavoine mandé sur les lieux pratiqua sur la patiente une saignée qui réussit à lui faire reprendre son souffle. Une enquête fut instituée, un procès sommaire s'ensuivit. Le juge d'instruction prononça la sentence dont voici la teneur : "...pour avoir donné des coups de couteau et avoir tenté de se pendre, qu'elle soit battue et fustigée nue de verges par l'Exécuteur de la haute justice dans les carrefours et Lieux accoutumés de cette ville... flétrie d'un fer chaud marquée d'une fleur de lys sur l'épaule droite..", etc.
Louis-Joseph de Tonnancour jugea la sentence insuffisamment sévère et en appela au Conseil supérieur de la colonie, à Québec.
Une nouvelle sentence s'ensuivit. On condamnait "la dite Marie Sauvagesse à être pendue et étranglée jusqu'à ce que mort s'ensuive à un poteau qui pour cet effet sera dressé en la place du marché de cette ville " ordonna que son corps mort y demeure exposé pendant deux heures".

Gérard Malchelosse, Un procès criminel aux Trois-Rivières en 1759, Cahier des Dix, XVIII (1953): 207-226. - Marcel Trudel, L'esclavage au Canada français, 223, 225. - Raymond Boyer, Les crimes.. loc., cit..

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