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La criée des bancs

Les églises de France ont connu une époque où les paroissiens s'asseyaient sur le siège qu'ils transportaient avec eux. Lorsque le froid d'hiver y était trop intense, on couvrait de paille le sol des églises. Ainsi, lorsque le fidèle était à genoux il ne ressentait pas trop crûment le froid des pierres.

On ne tarde pas à découvrir, en Nouvelle-France en tout cas, que la vente des bancs peut apporter d'intéressants revenus à la paroisse. Ainsi, en 1690, Philippe Boucher, fils de Pierre et curé de la paroisse Saint-Joseph de Lauzon, construit ceux de son église. Ils sont sans doute offerts en vente au cours d'une criée et aux plus offrants ainsi que le demande monseigneur de Saint-Vallier.

La taille des bancs est importante et leur prix sera d'autant meilleur qu'ils seront grands et bien faits. En 1698, certaines églises en sont encore démunies. Les paroissiens, trop pauvres pour se les offrir, ne se querellent pas à ce sujet et préfèrent peut-être s'en passer.

Dans un mandement daté du 27 février, monseigneur de Saint-Vallier ordonne que « dans les églises où il n'y aura point encore de bancs, les marguilliers en fassent faire, et les fassent ensuite crier à la porte des églises, pour les accorder à ceux qui en feront le plus grand avantage de l'église, ce qui (la criée) se pratiquera toutes les fois que ceux à qui lesdits bancs auront été accordés mourront. Et à l'égard du prix desdits bancs, nous ne désirons pas qu'il soit fixé et arrêté par les habitants ni par les marguilliers, sans que préalablement le curé ne nous en ait donné avis, pour savoir là-dessus notre sentiment ou celui de nos grands-vicaires ce qui remédiera à beaucoup d'inconvénients ».

Les bancs construits, la surenchère orchestrée pour donner à la paroisse les moyens de subsister, ils ne sont pas vendus dans le désordre. Non! L'église est un autre endroit où l'on n'aime pas à être assis n'importe où, à côté de n'importe qui. Passons sur le paroissien obscur qui s'offre un banc que personne ne lui disputera jamais.

Il en faut un pour le gouverneur qui ne soit ni meilleur ni pire que celui de l'évêque et ainsi de suite jusqu'au marguillier, au bedeau et au chantre dont la place et le rôle sont décrits par Joseph-Edmond Roy.

« C'était un honneur très recherché, cependant, que celui de pouvoir s'asseoir au banc d’œuvre. Songez donc aux paysans endimanchés qui, nommés marguilliers, allaient trôner en face de la chaire de vérité sur un siège élevé au-dessus de leurs concitoyens. Au-dessus de leur prie-Dieu planait un grand crucifix qu'éclairaient comme à l'autel deux cierges perchés sur de hauts chandeliers d'argent.

Et aux grandes solennités, le bedeau, digne et grave, dans sa robe rouge ou bleu marine, avec sa verge aux fleurs de lys, allait les saluer et les conduisait professionnellement au chœur, pour y recevoir les rameaux ou les cierges bénis. Dans plusieurs endroits, quand le marguillier sortant de charge laissait le banc d’œuvre, il allait s'installer pendant un an encore au banc du connétable et c'est lui qui faisait la police de l'église. »

Source : Nos racines, p. 347.

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