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L'immigrant idéal

A ses débuts, la Nouvelle-France eut de la peine à absorber toutes les classes d'immigrants. A l'automne de 1621, Samuel de Champlain doit se défaire de deux ménages qui, " depuis deux ans, écrit-il, n'avaient pas déserté deux vergées de terre, ne faisant que se donner du bon temps à chasser, pêcher, dormir et s'enivrer avec ceux qui leur en donnaient le moyen.

C'est pourquoi je les renvoyai comme gens de néant, qui dépensaient plus qu'ils ne valaient. C'étaient des familles envoyées, à ce que l'on m'avait dit de la part du dit Boyer en ces lieux, au lieu d'y envoyer des gens laborieux et de travail, non des bouchers et faiseurs d'aiguilles comme étaient ces hommes qui s'en retournèrent ". Aussi, n'est-il pas étonnant de constater que les agents recruteurs réclament des hommes dont la colonie a un réel besoin. Ils doivent être seuls, ni trop riches, ni trop pauvres; capables de manier sans contrainte la hache et la charrue.

Pierre Boucher conseille aux riches d'attendre avant de s'embarquer pour le Nouveau-Monde. Il écrit en 1664 " Ce pays-ci n'est pas encore propre pour les personnes de condition qui sont extrêmement riches, parce qu'ils (sic) n'y rencontreraient pas toutes les douceurs qu'ils ont en France. Il faut attendre qu'il soit plus habité, à moins que ce ne fussent des personnes qui voulussent se retirer du monde pour mener une vie plus douce et plus tranquille, hors de l'embarras; ou quelqu'un qui eût envie de s'immortaliser par la bâtisse de quelques villes ou autres choses considérables dans ce nouveau monde. "

Si les riches ne sont pas assurés d'un avenir brillant dans une Nouvelle-France en voie de se former, les pauvres auront peut-être plus de chance s'ils sont travaillants et s'ils acceptent de se séparer de leur femme et de leurs enfants pour quelques années. Le père Paul Le Jeune est formel sur ce point " Un pauvre homme, chargé de femmes et d'enfants, ne doit point passer ici, les premières années, avec sa famille, s'il n'est aux gages de Messieurs de la Compagnie ou de quelques autres qui les y veuille prendre; autrement il souffrira beaucoup et n'avancera à rien. Le pays n'est pas encore en état de soulager les pauvres qui ne sauraient travailler. "

Quant à Pierre Boucher, il est un peu plus conciliant au sujet de l'émigration des dépourvus : " Tous les pauvres gens seraient bien mieux ici qu'en France, pourvu qu'ils ne fussent pas paresseux; ils ne manqueraient pas ici d'emploi et ne pourraient pas dire ce qu'ils disent en France, qu'ils sont obligés de chercher leur vie, parce qu'ils ne trouvent personne qui leur veuille donner de la besogne; en un mot, il ne faut personne ici, tant homme que femme, qui ne soit propre à mettre la main à l'oeuvre, à moins que d'être bien riche. "

En somme, ce dont le nouveau pays a besoin, ce sont des hommes jeunes et laborieux. Tous les agents recruteurs sont d'accord sur ce point. Pierre Boucher écrit encore dans son Histoire véritable et naturelle des moeurs et productions du pays de la Nouvelle-France vulgairement dite le Canada, ouvrage publié à Paris en 1664

" Les personnes qui sont bonnes dans ce pays-ci sont de gens qui mettent la main à l'oeuvre, soit pour faire ou pour faire faire leurs habitations, bâtiments et autres choses. Car, comme les journées des hommes sont extrêmement chères ici, un homme qui ne prendrait pas soin et qui n'userait pas d'économie, se ruinerait. "

Un immigrant laborieux, affirme-t-on, peut s'enrichir assez facilement au Nouveau-Monde. Sur ce point, le bon père Le Jeune, qui multipliait vers les années 1640 les interventions pour recruter des colons, embellit quelque peu la situation lorsqu'il affirme " S'il se rencontrait de bons jeunes garçons, ou hommes mariés bien robustes, qui sussent manier la hache, la houe et la charrue, ces gens-là, voulant travailler, se rendraient riches en peu de temps en ce pays, où enfin ils pourraient appeler leurs familles. "

Il arrivait assez souvent qu'un père émigre avec son fils aîné. Lorsqu'ils avaient réussi à défricher un coin de terre et à bâtir une maison, ils faisaient venir le reste de la famille. Parfois, le mari qui venait seul oubliait, pour toutes sortes de raisons, qu'il avait déjà femme en France et se remariait dans la colonie.

Source : Nos racines p 13

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