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Ile La Demoiselle

Le premier roman exotique tirant sa trame d'une aventure survenue au Canada, est publié, à Paris en 1559. Son auteur est décédé dix ans plus tôt, laissant un manuscrit inachevé. Il s'agit de Marguerite de Navarre, soeur du roi François 1er qui, s'inspirant d'aventures vécues, y racontait celle d'une homonyme: Marguerite de Roberval. Le soixante-septième conte de ce recueil, intitulé Heptaméron, débute par ces mots

« Ce n'est chose si nouvelle, mesdames, d'ouïr de vous quelque acte vertueux, c'est l'occasion qui me fera raconter ce que j'ai ouï dire au capitaine Roberval et à plusieurs de sa compagnie. »

Sous le titre particulier de Extrême amour et austérité de femme en terre étrange, nobles et bourgeois français apprennent qu'à bord de l'un des trois navires partis de La Rochelle, le 16 avril 1542, un gentilhomme voulut trahir Roberval:

« Roberval, faisant un voyage sur la mer (duquel il était chef par commandement du roi, son maître) en l'île de Canada, auquel lieu avait délibéré, si l'air du pays eût été commode, de demeurer et y faire villes et châteaux, en quoi il fut tel commencement que chacun peut savoir, et pour habituer le pays de chrétiens, y amena avec lui toutes sortes d'artisans, entre lesquels un homme qui fut si malheureux qu'il trahit son maître. »

Résolu à punir ce traître, Roberval décide de le faire descendre sur une île déserte et de l'y abandonner. Marguerite, que l'on dit être l'épouse du traître, décide de l'accompagner dans son involontaire exil. Vivant à la merci du froid et des vents, découragé sans doute, l'homme meurt peu après, laissant sa femme seule avec un enfant qui meurt à son tour. Miraculeusement, Marguerite est découverte puis ramenée en France. Cette version de l'aventure est attribuée à Roberval qui avait, en cette circonstance, appliqué la loi avec mansuétude. Ne l'autorisait-on pas à condamner le traître à mort?

En 1575, plus de trente ans après cet événement, le cosmographe André Thévet raconte l'exil de Marguerite de Roberval. Cette fois, les détails auraient été fournis par la victime elle-même. Selon ses dires, Roberval lui manifesta toutes les attentions dues à une parente de sa qualité.

Il lui parla de ses affaires et la traita avec respect. Pourtant, un événement inattendu survint: on apprit à Roberval que Marguerite brûlait d'amour pour un gentilhomme de sa suite et que, grâce à la complaisance d'une servante, Damienne, leurs amours pouvaient s'épanouir à l'aise

«Une vieille servante de ladite Damoiselle, nommée Damienne, native de Normandie, fort accorte maquerelle, laquelle faisait la sentinelle tandis que les deux amoureux étaient en leurs affaires. »

Le capitaine est-il jaloux? Sa parente n'est-elle qu'une parente? Roberval ne songe d'abord qu'à séparer les amoureux. Brusquement, voyant qu'il ne « pouvait être maître de leurs affections », il décida non plus de les séparer, mais de laisser Marguerite seule avec Damienne, sur l'île des Démons où il venait de jeter l'ancre, disant que « c'était le lieu qu'il avait ordonné pour la pénitence de son forfait et du scandale qu'elle lui avait fait » .

Pour préserver temporairement les deux femmes contre la mort qui les attendait, il leur fit remettre quatre arquebuses et des munitions. L'amant fit alors preuve d'une certaine bravoure. Selon André Thévet, il réclama sa part d'exil

« Voyant cette cruauté et craignant qu'il ne lui en fût fait autant en quelque autre île, il fut si transporté que, oubliant le péril de mort auquel il se lançait et les récits épouvantables qu'on lui avait fait de cette terre, prit son arquebuse et (ses) habits, avec un fusil et peu d'autres commodités, quelques muids de biscuits, cidre, linge, ferrements et plusieurs choses nécessaires pour leur service et (il) se jeta en l'île, pour tenir compagnie à sa maîtresse. »


Mais la vie ne fut guère agréable sur l'île des Démons. Marguerite de Roberval partagea son temps entre la chasse aux bêtes fauves, la quête de nourriture, l'amour et la lecture du Nouveau Testament que, prudemment, elle avait glissé dans ses bagages. Un enfant naît ensuite sur l'île des Démons.

« Cette femme devint grosse, et comme elle était près de son terme, le pauvre gentilhomme trépassa de tristesse et de fâcherie, qu'en huit mois qu'il était là, il n'était passé (aucun) vaisseau quelconque duquel ils pussent avoir secours, soulagement et liberté. »

Peu après, Damienne « suivit le chemin du gentil amoureux » puis l'enfant fit de même. Pendant deux ans et cinq mois, Marguerite poursuivit sa lutte pour survivre jusqu'au jour où de valeureux marins bretons, résistant à leur peur, osèrent s'approcher de l'île d'où partaient des signes de détresse. C'est ainsi que Marguerite aurait échappé à la mort et serait revenue en France.

Qu'y a-t-il de vrai dans l'histoire de la nièce ou proche parente de Roberval?

Peu de choses, sans doute, car il est impossible qu'elle ait pu survivre sur cette île battue par les vagues et où il ne pousse rien, pendant plus quelques mois. L'île des Démons a existé. Elle existe encore, mais un cartographe en changea un jour le nom pour lui donner celui d'île de la Demoiselle.

Source : Nos racines p 73

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