Généalogistes Associés

Bonjour à tous

Filles du Roi

Pour plus d'informations sur les données :
Lisette David
             lisettedavid@videotron.ca

Plusieurs de vos aïeules... Résumé de Lisette David

B eaucoup de choses ont été dites sur les Filles du Roi, beaucoup de rumeurs ont été colportées. Quelqu'un de tout-à-fait intéressé à découvrir les détails de cet "arrivage" spectaculaire, peut trouver d'innombrables ouvrages, autant en bibliothèque que sur internet.

Mais comme certaines de vos aïeules étaient du nombre, cela me semblerait dommage de ne pas inclure au moins, dans ce chapitre, les grandes lignes se rapportant à leur participation dans la colonisation de la Nouvelle-France.

Bien sûr, il y avait quelques couples déjà mariés, venus s'installer ici. Quelques hommes s'étant bien installer firent venir leurs épouses et enfants de France. Cela devait faire bien des jaloux parmi le grand nombre de célibataires venus avec la Recrue de 1653 et des soldats du régiment de Carignan. Les visites fréquentes dans la forêt, dans le but d'y trouver une jolie amérindienne, commence à inquiéter les autorités, c'est pourquoi on commencera à faire venir des jeunes filles à marier.

Jusqu'en 1673, la colonie en recevra plus de 800, dont plus de la moitié sont pensionnaires à la Salpêtrière de Paris. Elle sont pour la plupart orphelines et la majorité à moins de 25 ans, dont 76 entre 12 et 15 ans.

Voici à quoi se résume les bagages de ces filles:

"Outre les habits, les articles suivants: 1 cassette, 1 coiffe, 1 mouchoir de taffetas, 1 ruban à souliers, 100 aiguilles, 1 peigne, 1 fil blanc, 1 paire de bas, 1 paire de gants, 1 paire de ciseaux, 2 couteaux, 1 millier d'épingles, 1 bonnet, 4 lacets et 2 livres en argent".

La colonie s'établit tranquillement mais pas au rythme voulu par les autorités. Voilà pourquoi, le 5 avril 1669, le roi signe ce qui suit:

" Qu'il soit établit quelque peine pécuniaire, applicable aux hôpitaux des lieux, contre les pères qui ne marieront pas leurs enfants à l'âge de vingt ans pour les garçons et de seize ans pour les filles."

Pire, il est "enjoint aux pères de faire déclaration au greffe de six mois en six mois des raisons qu'ils pourraient avoir eues pour le retardement du mariage de leurs enfants, à peine d'amende arbitraire".

Par contre les hommes de moins de 20 ans et les filles 16 ans ou moins qui se marient reçoivent le jour de leurs noces, ce qui sera appelé le "présent du roi", la somme de 20 livres. Mais le roi ne s'arrête pas au seul mariage. Maintenant, il faut des enfants.

Comme le recensement de 1666 démontre que sur quelque 400 familles, seulement une dizaine avaient plus de sept enfants, et comme les récompenses monétaires fonctionnent bien, on utilise le même système pour inciter les familles à "procréer en masse". Plus on aura d'enfants et plus cela sera payant.

C'est ainsi que l'on verra de jeunes mères mourir vers l'âge de 30 ans en donnant naissance à leur quinzième enfant.

Les filles du roi ont fait leur boulot, elles ont peuplé et nous en sommes la preuve!

Tous ne s'accordent pas au sujet des listes de noms des filles du roi. Et, dans le but de vous donner les données que nous avons maintenant à notre disposition, voici une traduction d'un projet d'article dans le bulletin de la Société des filles du roi et soldats de Carignan par Dave Toupin.

"Nous n'avons aucune liste des filles du roi datant du 17ième siècle. Les femmes désignées sous l'appellation "filles du roi" ont été sélectionnées par de récents chercheurs, qui se sont basés sur la définition moderne de "fille du roi", et sur l'extraction de renseignements à partir d'archives de la Nouvelle-France (registres paroissiaux, minutes notariales), ... sur les travaux d'Archange Godbout, de Silvio Dumas, de Marcel Trudel, et d'autres. Les termes "fille du roi" ont été relevés pour la première fois, dans le écrits de Marguerite Bourgeoys en 1697-98, et ne sont réapparus qu'en 1853 avec l'historien Étienne-Michel Faillon.

Le chercheur en démographie historique Yves Landry, dans son livre paru en 1992, "Les Filles du roi au XVIIe siècle" , donne une définition de "fille du roi". C'était une femme, célibataire ou veuve (incluant veuve avec enfants) arrivée au Canada en 1663 et 1673 inclusivement, et qui est censée avoir bénéficié d'aide royale soit pour son transport et/ou son établissement. La fille du roi dépend donc 1) de l'année de son arrivée, 2) de sa liberté de contracter mariage, et 3) de l'absence apparente d'aide privée.

Des filles du roi ont été recrutées par les agents du ministre Colbert. D'autres se sont rendues aux ports de LaRochelle et de Dieppe de leur propre initiative, sans l'aide des pouvoirs publics. D'autres encore ne faisaient pas partie de groupes qui ont ensemble traversé l'Atlantique, mais qui les ont rejointes à Québec où l'administrateur colonial a facilité leur établissement. Landry indique que les femmes qui 1) étaient célibataires et dont le nom ne figurait pas dans les registres civils (par exemple comme témoins au mariages ou aux baptêmes) jusqu'après 1674 (son année limite) ou 2) sont décédées en route vers le Canada, ne font pas partie de sa liste même si elles ont pu avoir été filles du roi.

Landry identifie 770 filles du roi, dont 737 épouses, et 33 autres immigrantes qui sont, ou retournées en France, ou décédées, ou demeurées célibataires. De cet ensemble de 770 filles du roi de Landry, 751 figuraient dans la liste dressée par Silvio Dumas en 1972 (720 des 737 qui se sont mariées). La liste de Dumas s'était inspirée du livre "The King's Daughters" (1988) par Joy Reisinger et Elmer Courteau.

Landry a relevé 23 erreurs dans la liste de Dumas, soit parce qu'elle contient des doubles, ou que la date d'arrivée se situait en dehors de la période 1663-1673, ou que l'arrivée était accompagnée d'un marie ou d'un employeur, ou enfin que la naissance s'était produite au Canada.

Par exemple, Marie Mazoué, qui maria Louis Garneau, figure dans les registres coloniaux du début de 1663, avant l'arrivée du premier bateau de cette année là; donc arrivée au Canada en 1662, n'est pas fille du roi (bien que listée comme telle par Dumas).

La liste de Dumas comprenait 774 filles du roi (les recherches antérieures en avaient dénombré 792 chez Archange Godbout, 961 chez Gustave Lanctôt, 857-874 chez Gérard Malchelosse). Dix-neuf filles du roi de la liste de Landry ne font pas partie de la liste de Dumas qui a pu en exclure quelques-unes parce qu'elles étaient veuves avec de jeunes enfants ou encore parce qu'aucun enregistrement de leur premier mariage n'avait été trouvé.

Qu'elles soient considérées "filles du roi" ou non, toutes ces femmes méritent notre admiration pour leur courage et leur persévérance dans les difficiles conditions de l'environnement canadien du 17ième siècle. Et il se pourrait que des découvertes et des recherches futures dévoilent d'autres raisons de raffiner notre discernement sur l'identité de ces braves femmes appelées "Les Filles du Roi"

Source: Histoire populaire du Québec (Des origines à 1791) de Jacques Lacoursière, Édition Septentrion (1995) Dave Toupin
Références de Dave Toupin:Yves Landry, "Les Filles du roi au xvii'e siècle, Leméac (1992)
Silvio dumas, "Les filles du roi en Nouvelle-France", société historique de Québec (1972)
Joy Reisinger et Elmer Courteau, "The King's Daughters", Sparta (1988)
Archange godbout, "Familles venues de La Rochelle en Canada", pp. 113-367, Rapport des Archives nationales du Québec (1970)
(*) Dave Toupin fait partie du groupe "La Société des filles du roi et soldats de Carignan", qui publie un bulletin bisannuel à l'intention des personnes s'intéressant à la généalogie canadienne-française aux États-Unis.

Voici, également, la transcription, exacte d'une lettre signée par Jean Talon au sujet des Filles du Roi.

Mémoire de M. Talon adrefsé à
Monseigneur Colbert
Fait à Québec, ce dixième Novbre 1670

"Monseigneur,... Toutes les filles venues cette année sont mariées à 15 près que j'ai fait distribuer dans des familles connues en attendant que les soldats qui les demandent aient formé quelque établifsment et acquis de quoi les nourir.

"Pour avancer le mariage de ces filles, je leur ai fait donner, ainsi que j'ai accoutumé de faire, outre quelques subsistances, la somme de 50 livres monnaie du canada en denrées propres à leur ménage.

"La demoiselle Etienne qui leur a été donnée pour gouvernante par Mefsieurs les Directeurs de l'Hôpital Général retourne en France pour prendre la conduite de celles qu'on enverra cette année; si Sa Majesté a la bonté d'en faire pafser, auquel cas il serait bon de recommander fortement que celles qui seront destinées pour ce pays ne soient aucunement disgraciées de la Nature, qu'elles n'aient rien de rebutant à l'extérieur, qu'elles soient saines et fortes, pour le travail de campagne, ou du moins qu'elles aient quelques industries pour les ouvrages de main, j'en écrit dans ce sens à Mrs. Les directeurs.

Trois ou quatre filles de naifsance et distinguées par la qualité serviraient peut- être utilement à lier par le mariage des Officiers qui ne tiennent au pays que par les appointement et l'émolument de leurs terres et qui par la disproportion ne s'engagent pas davantage.

"Les filles envoyées l'an pafsé sont mariées, et presque toutes ou sont grofses ou ont eu des enfants, marque de la fécondité de ce pays.

"Si le Roi fait pafser d'autres filles ou femmes venues de l'Ancienne en la Nouvelle France, il est bon de les faire accompagner d'un certificat de leur Curé ou du Juge du lieu de leur demeure qui fafse connaitre qu'elles sont libres et en état d'être mariées, sans quoi les Ecclésiastiques d'ici font difficulté de leur administrer ce sacrement, A la vérité ce n'est pas sans raison deux ou trois mariages s'étant ici reconnus; on pourrait prendre la même précaution pour les hommes neufs, et cela devrait être du soin de ceux qui seront chargés des pafsagers.

Mémoire de M. Talon.
Source: Manuscrits de Paris 1631-1674
Musée de la civilisation, fonds d'archives du séminaire du Québec,. Lettre Q, no 118.

         

 Filles du Roi

 

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