Généalogistes Associés

Bonjour à tous

Morts Violentes - 1

de Léonard Bouchard, écrivain et historien.


Agariata, capitaine agnier pendu à Québec.

Agariata était un chef agnier qui joua un rôle notoire au cours des années 1660 - 1666. A cette époque, les Iroquois, à la suite de désastres très onéreux générés par les guerres et la disette, cherchaient par tous les moyens à conclure la paix avec les Français, dont les forces au pays se manifestaient de plus en plus, surtout depuis I'arrivée du régiment de Carignan -Salières, la présence d'un nouveau lieutenant général en la personne de Tracy, et qu'un nouveau gouverneur, Courcelles, avait réussi un raid d'envergure contre les Agniers. En outre, à l'automne de la même année, Tracy envahissait leur pays.

A l'été de 1666, des guerriers agniers, dont l'un était Agariata, eurent à affronter sept officiers sur les lignes du pays des Agniers, au fort de Sainte-Anne, près de la décharge du lac Champlain. Parmi eux figuraient Louis de Canchy de Lerole et M. de Chasny, cousin et neveu de Tracy. Une embuscade s'engagea et Agariata tua Chazy et aussi un capitaine du nom de l'Aumônier Traversy. Le Bâtard Flammand, autre chef agnier, amena, fin août 1666, Lerole à Québec dans le but de passer un traité de paix. Agariata accompagnait Bâtard. Les deux chefs agniers reçurent une chaude hospitalité de la part de Tracy qui les invita même à sa table. Agariata se vanta, lors de son séjour à Québec, d'avoir été l'auteur du meurtre de Chazy. Cette nouvelle eut I'effet d'une bombe. A I'annonce de cette nouvelle, Tracy entra en colère et voulu exécuter sur le champ le meurtrier. Les Agniers sous les menaces et la pression de Tracy remirent Agariata entre les mains de la Justice. L'exécution de ce dernier eut lieu les premiers jours de novembre de la même année, à Québec, peut-être le 8.

Charlevoix, Histoire (Shea) III: 87s. La Potherie, Histoire, II, IV, - Thomas Grassman dans DBC, I: 40 - 41



Angélique, La Négresse, pendue et brûlée à Montréal.

Angélique était une esclave d'un négociant de Montréal qui se nommait François Poulin de Francheville. Après avoir enfanté deux ou trois enfants dont le père était un Noir du nom de César, elle tomba amoureuse d'un Blanc, Claude Thibault. En 1734, Angélique apprend que sa maîtresse, Thérèse Découagne, devenue veuve de François Poulin, a décidé de la vendre. Pour se venger de la décision de sa maîtresse et avant de fuir avec son amant Thibault, Angélique, dans la nuit du 11 au 12 avril 1734, met le feu à la maison de sa matrone, sur la rue Saint-Paul, à Montréal. Maison après maison brûle et une partie de l'Hôte-Dieu, soit en tout 46 maisons qui furent la proie des flammes.

C'est peu de temps après que la justice mit la main sur le collet de la Noire. Mise en prison et jugée par le tribunal de Montréal, elle reçut la sentence suivante :
faire amende honorable, nue en Chemise, la corde au Col, tenant en ses mains une torche ardente du poids de deux livres. Elle sera menée et conduite dans un tombereau servant à enlever les immondices et à genoux déclarer que méchamment Elle a mis le feu et causé led. (le dit) incendie dont Elle se repent et en demande pardon à Dieu, au Roy et a Justice, ce fait avoir le poing coupé sur un poteau après quoy sera menée par led. Executeur dans le même Tombereau à la place publique pour y être attaché à un poteau avec une chaîne de fer et brûlée vive, son Corps réduit en Cendres et icelles jetées au vent.

Conduite à Québec, la Négresse en appela au Conseil Souverain qui adoucit sa peine : elle n'aura pas le poing coupé et son corps ne sera brûlé qu'après la mort. La coupable fut ramenée à Montréal où elle fut exécutée, selon l'ordonnance, le 21 juin 1734, sur les lieux de son crime et en présence de nombreux curieux...

APQ. Registre criminel, IV: 24-26; Procédures judiciaires, Matières criminelles, IV: feuille 237. - BRH, XXIV :275



Bertault Jacques, condamné à la potence.

Jacques Bertault et sa femme Gilette Baune allèrent en appel devant le Conseil Souverain contre la sentence de mort portée contre eux pour l'assassinat de Julien La Touche, leur gendre. Leur fille, Isabelle 13 ans, veuve de la victime fut, elle aussi, condamnée, mais l'appel en sa faveur ne fut pas rejeté. Elle fut graciée.
Isabelle, à l'âge de 12 ans, avait été pratiquement forcée d'épouser Julien Latouche, 30 ans, qui était paresseux, jaloux et ivrogne. Sa jeune épouse pour subsister devait recourir à l'hospitalité de son père.
Le procès se déroula à Québec et aboutit à la sentence suivante : Bertault et sa femme, pour avoir assassiné leur gendre à coups de pioche, seront exécutés ; et de plus, que leur fille, tout en étant témoin de la scène, s'était limitée à donner un coup de main à son père pour traîner le corps à la rivière.

La sentence : que Jacques Bertault et Gilette Baune soient "tirés des prisons de cette ville par l'exécuteur de la haute justice, conduits au devant de la porte de l'église paroissiale de cette ville, la corde au cou, une torche au poing [...]condamne en outre le dit Bertault d'être étranglé sur la croix Saint-André qui sera mise sur l'échafaud dressé pour cet effet à la grande place de la haute-ville, et ensuite à avoir les bras et les cuisses rompus de chaque coup de barre."
Le couple Bertault fut exécuté à Québec le 9 juin 1672, peu de temps après l'assassinat. La femme Gilette sera cependant exempte d'avoir les membres rompus et d'être portée sur une roue. Isabelle fut cependant contrainte d'assister à l'exécution de ses père et mère.
Quelques mois après la mort de son mari, Isabelle eut un enfant. Elle se maria un an plus tard et se mariera une troisième fois.

JDCS, I: 685-688. - ATRT: 58. - Boyer, Raymond, Les crimes et les châtiments au Canada Français: 106, 107, 81.



Couc Jeanne, assassinée à Saint-Francois-du-Lac.

Le 23 octobre 1679, au cours d'une échauffourée dont la teneur n'est pas claire, Jeanne Couc, fille de Pierre Couc et de Marie Sauvagesse, fut mortellement assaillie par Jean Rattier dit Dubuisson, 32 ans.
Le procès qui s'ensuivit déboucha sur la sentence suivante ...: Jean Rattier devait être conduit à Saint-François, au lieu que le seigneur désignerait pour place publique, et là attaché à une potence pour y être pendu et étranglé, et y demeurer exposé pendant vingt-quatre heures. En outre, il devait payer quatre-vingts livres d'amende au roi, deux cents livres à Pierre Couc, et les dépens. Avant d'être livré à l'exécuteur, on devait le soumettre à la "question" pour avoir révélation des auteurs et complices de la mort de Jeanne Couc....

Jean Crevier, le domestique Pierre Gilbert dit Lacasse, Jacques Dupuis dit La Garenne et Jacques Julien furent accusés de complicité dans cet assassinat et dans les violences infligées sur la personne de Pierre Couc, le père.
Le procès d'une durée d'un an aboutit au jugement suivant : ...Rattier pour avoir tué Jeanne Couc, condamné à la pendaison" mais faute d'exécuteur public à Québec finit par être gracié. Les complices s'en sont tirés avec quelques amendes pécuniaires minimes.
Thomas M. Charland, O.P., Histoire de Saint-François-du-Lac, 29s. - BRH, XXIX: 3-12. - ATRT: 49.

Voir le récit de Marie Rivière, fille du roi et de son époux Jean Rattier
et le bulletin Le bourreau de Québec

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